Une récente analyse a soulevé des doutes quant à la validité de la candidature du Professeur Maurice Kamto à l’élection présidentielle d’octobre 2025, s’appuyant sur l’article 3, alinéa 2 de la loi sur les partis politiques et la nécessité d’une démission formelle de la présidence du MRC pour être investi par un autre parti. Cependant, une lecture plus nuancée de la législation camerounaise et une compréhension des mécanismes des alliances politiques révèlent une réalité juridique bien différente, contredisant frontalement cette interprétation restrictive.
La Loi Électorale Camerounaise : Pas d’Exigence de Militance pour l’Investiture
Le point central de la contre-argumentation est le suivant : aucun article du Code Électoral camerounais, ni même de la loi sur les partis politiques, ne stipule qu’un candidat doit être un militant, un membre ou un dirigeant du parti politique qui l’investit pour être éligible.
Le rôle du parti investisseur : La loi confère aux partis politiques le droit de « proposer » ou d' »investir » un candidat. Cet acte relève de la stratégie politique interne du parti ou de ses accords avec d’autres formations. Il ne crée pas automatiquement une obligation pour le candidat d’adhérer formellement au parti investisseur ou d’y occuper une fonction.
La reconnaissance des Alliances Politiques : Le cadre juridique camerounais reconnaît pleinement la possibilité pour les partis de former des alliances ou des coalitions en vue des élections. Dans ce contexte, il est une pratique admise et essentielle que des partis alliés puissent convenir de soutenir un candidat qui n’est pas issu de leurs rangs directs, mais d’une formation partenaire. Exiger une démission ou un changement d’appartenance pour chaque figure politique investie par une alliance reviendrait à ^^nier l’existence et l’intérêt même des coalitions électorales^^ , qui sont pourtant un pilier de la démocratie multipartite.
L’Article 3, Alinéa 2 de la Loi sur les Partis Politiques : Une Interdiction de Double Appartenance, Pas d’Investiture Alliée
L’Article 3, alinéa 2 de la loi n°90/056, qui stipule que « Nul ne peut appartenir à plus d’un parti politique », vise clairement à empêcher la ^double militance^ active et simultanée. Son but est d’éviter les situations où un individu serait soumis à des disciplines et idéologies partisanes conflictuelles.
Cependant, l’investiture d’un candidat par un parti allié ne constitue en aucun cas une « double appartenance » au sens de cette loi. Le Professeur Maurice Kamto reste le président du MRC, son parti. Si le MANIDEM l’investit dans le cadre de l’Alliance Politique pour le Changement (APC), c’est un acte de soutien politique découlant d’un accord, et non une adhésion du Professeur Kamto au MANIDEM. Il ne s’agit pas de « changer de parti » mais d’être le ^^candidat commun^^ d’une plateforme d’opposition, acte parfaitement légal et démocratique.
La Réalité des Dépôts de Candidature en 2025
Les faits parlent d’eux-mêmes : au 16 juillet 2025, le Professeur Maurice Kamto a ^^effectivement déposé sa déclaration de candidature certifiée sous la bannière du MANIDEM^^, comme rapporté par diverses sources. Cette démarche a été menée dans le respect de l’article 123 du Code électoral camerounais, qui encadre précisément le dépôt des dossiers de candidature. Il est impensable que son équipe juridique et le parti investisseur n’aient pas scrupuleusement vérifié la conformité de cette candidature avec l’ensemble des lois en vigueur.
Les questions sur la « caducité » des organes du RDPC ou la nécessité d’une primaire interne relèvent d’ailleurs des ^^affaires internes au RDPC^^ et n’ont aucune incidence sur la légalité d’une candidature déposée par un autre parti ou une alliance.
Conclusion : Une Tentative de Déstabilisation par l’Interprétation Forcée
L’argument selon lequel le Professeur Maurice Kamto devrait formellement démissionner de la présidence du MRC pour que sa candidature sous la bannière du MANIDEM soit valide relève d’une ^^interprétation forcée et manifestement erronée de la loi^^. Cette manœuvre semble davantage relever d’une ^^tentative de déstabilisation politique^^ par des arguments juridiques douteux que d’une analyse impartiale du droit électoral camerounais.
Le droit est clair : ce qui est jugé, c’est la conformité du dossier de candidature avec le Code Électoral. La loi n’impose pas la « militance exclusive » du candidat au sein du parti qui l’investit dans un contexte d’alliance.
C’est à ELECAM et, en dernier recours, au Conseil Constitutionnel, d’appliquer la loi avec rigueur et objectivité, en écartant les lectures partisanes qui cherchent à entraver le jeu démocratique et la libre expression des alliances politiques. La guerre des urnes sera aussi une guerre d’interprétations juridiques, mais la réalité des textes et la pratique démocratique doivent prévaloir.
Brigade Anti Sardinards bazou





