l’élection présidentielle camerounaise a secoué le paysage politique, mais pas seulement à cause des résultats. Dans un rebondissement inattendu, trois partis politiques ont claqué la porte à leurs candidats fraîchement soutenus : Ateki Seta Caxton, Hiram Samuel Iyodi et Akere Muna. Le Parti de l’Alliance Libérale (PAL), le Front Démocratique Camerounais (FDC) et le parti UNIVERS ont décidé de couper les ponts avec leurs poulains, laissant les observateurs perplexes et les électeurs dans l’expectative. Que s’est-il passé pour en arriver là ?
Une candidature sous conditions
Au Cameroun, se présenter à la présidentielle n’est pas une mince affaire. Pour être validé, un candidat doit soit collecter 300 signatures de notables (parlementaires, maires, ou autres figures influentes), soit obtenir le soutien d’un parti ayant une représentation parlementaire. Ateki Seta Caxton, Hiram Samuel Iyodi et Akere Muna, faute de signatures suffisantes, ont choisi la seconde option. Ils se sont associés à des partis pour porter leurs ambitions.
Ainsi, Ateki Seta Caxton a décroché le ticket du PAL, Hiram Samuel Iyodi celui du FDC, et Akere Muna celui du parti UNIVERS. Ces alliances semblaient être des tremplins vers la gloire électorale, mais le rêve s’est vite transformé en désillusion.
Un divorce brutal après le scrutin
À peine les urnes refermées, les trois partis ont annoncé, chacun à sa manière, qu’ils mettaient fin à leur collaboration avec leurs candidats. Le PAL, qui soutenait Ateki Seta Caxton, s’est contenté d’un communiqué laconique, comme s’il voulait vite passer à autre chose. Le FDC, derrière Hiram Samuel Iyodi, a laissé entendre que des frictions sur la stratégie de campagne avaient brisé la confiance. Quant au parti UNIVERS, il a déclaré vouloir « ouvrir un nouveau chapitre » après son aventure avec Akere Muna, sans plus de détails.
Mais pourquoi un tel revirement ? Les résultats électoraux, probablement décevants, pourraient avoir joué un rôle clé. Certains murmurent que les partis cherchent à sauver la face après une campagne peu fructueuse. D’autres parlent de désaccords internes, voire de divergences idéologiques qui auraient éclaté au grand jour. Une chose est sûre : ce divorce express intrigue et alimente les spéculations.
Qui sont ces candidats abandonnés ?
Ateki Seta Caxton incarnait l’espoir pour une partie de la jeunesse camerounaise. Avec son discours enflammé sur la justice sociale et l’équité économique, il avait su capter l’attention. Mais sans un réseau politique solide ni des fonds conséquents, sa campagne a peiné à décoller. Son alliance avec le PAL, un parti modeste, semblait plus stratégique qu’idéologique, et le mariage n’a pas résisté à l’épreuve du scrutin.
Hiram Samuel Iyodi, homme d’affaires reconverti en politicien, misait sur des promesses audacieuses : modernisation économique, lutte contre la corruption, et relance de l’emploi. Son énergie et son ambition n’ont toutefois pas suffi à convaincre un large électorat. Le FDC, qui l’avait porté, semble avoir jugé que l’expérience ne méritait pas d’être prolongée.
Akere Muna, figure respectée et avocat de renom, était sans doute le plus connu des trois. Son programme axé sur la transparence et la réforme institutionnelle avait de quoi séduire. En s’alliant au jeune parti UNIVERS, il espérait insuffler une nouvelle dynamique à sa candidature. Mais les résultats n’ont pas suivi, et le parti a vite tourné la page.
Un révélateur des fragilités politiques
Ce triple abandon met en lumière les défis auxquels sont confrontés les petits partis au Cameroun. Dans un paysage politique écrasé par le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), au pouvoir depuis des décennies, les formations comme le PAL, le FDC ou UNIVERS jouent gros en soutenant des candidats. Leur choix d’Ateki, Iyodi et Muna était un pari risqué, visant à gagner en visibilité. Mais face à un échec, ces partis semblent avoir préféré couper les ponts pour limiter les dégâts.
« Ce fiasco révèle aussi la fragilité des alliances électorales au Cameroun »
Souvent, ces partenariats sont des mariages de convenance, motivés par des calculs stratégiques plutôt que par une véritable unité de vision. Quand les résultats ne sont pas au rendez-vous, les alliances s’effritent, laissant les candidats seuls face à leur destin.
Et maintenant ?
Les réactions fusent face à ce coup de théâtre. Certains accusent les partis d’avoir agi trop vite, au risque de perdre la confiance de leurs militants. D’autres y voient une manœuvre pragmatique pour se repositionner avant les prochaines élections, notamment les législatives et municipales.
Du côté des candidats, le silence est pour l’instant de mise. Akere Muna, fort de son expérience, pourrait tenter un retour en indépendant, à condition de rassembler les fameuses 300 signatures. Pour Ateki Seta Caxton et Hiram Samuel Iyodi, le chemin s’annonce plus ardu, leur notoriété étant moins établie.
Une leçon pour l’avenir ?
Cette rupture spectaculaire entre trois partis et leurs candidats restera dans les annales de la politique camerounaise. Elle rappelle à quel point le jeu électoral est impitoyable, surtout pour les outsiders. Alors que le RDPC continue de dominer, les partis émergents devront repenser leurs stratégies et leurs alliances pour espérer peser dans l’avenir. Quant aux candidats, ils devront tirer des leçons de cette expérience et, peut-être, se réinventer pour reconquérir les électeurs.
Une chose est certaine : cette élection du 12 octobre 2025 a secoué le Cameroun, et les remous ne sont pas près de s’arrêter. À suivre !





